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Cette recherche porte sur les trafics de stupéfiants illicites et les économies -financières, sociales, relationnelles- qu’ils génèrent.
Elle explore particulièrement trois dimensions :
. Reconstituer l’histoire et la sociologie des trafics de drogues. Qui en sont les acteurs ? comment en nait l’initiative ? comment ça se construit ? comment ça marche ? comment ça prospère ou au contraire ça tombe ? quels liens avec les (jeunes de) cités ? de quelle nature sont ces liens ? et de quelle facture sont-ils ?
Pour ce faire, nous avons remonté le fil du temps, davantage en archéologues qu’en historiens : à partir d’aujourd’hui, nous avons débroussaillé, puis fouillé, décortiqué, questionné, laborieusement reconstitué les généalogies, assemblé des éléments dispersés par le temps. Nous avons remonté le temps pour éclairer -parfois révéler- l’histoire sociale des trafics de drogues sous le titre non moins révélateur de « l’anti ghetto ».
. Il y a aussi l’argent, dont on admet qu’il est le moteur des trafics de drogues. Mais pour garder la métaphore mécanique, dans le fond, le moteur serait plutôt les produits -les drogues- quand l’argent serait tantôt le carburant, tantôt l’accélérateur, tantôt l’embrayage, tantôt la ceinture de sécurité, parfois tout à la fois et/ou en même temps. En quelque sorte, non pas la machine, mais ce qui fait tourner la machine. C’est aussi l’objet de ce travail que d’apporter des éléments de connaissance sur le trafic de drogues en tant que forme économique.
. Et qui dit criminalité dit violences, parce que les violences structurent les activités illégales, qu’elles ont toujours été au cœur des entreprises criminelles, quelles qu’elles soient, en particulier la violence managériale. En revanche, l’exercice de violences -en particulier de violences physiques- n’est ni systématique, ni irrémédiable (de nombreux exemples dans notre recherche le montrent). Aussi, nous éclairons ce que nous pourrions qualifier de vraies questions : quels sont les exercices de la violence, et surtout quelles sont les compétences à l’exercice de violences ? Compétences dont nous montrerons qu’elles sont socialement organisées.
Cette recherche (2023-2026), est dirigée et réalisée par Khadidja SAHRAOUI-CHAPUIS (sociologue, Mesopolhis), Claire DUPORT (sociologue, LEST), Christian BEN LAKHDAR (économiste, Université de Lille), Michel PERALDI (anthropologue, LEST).
Elle s’inscrit dans le cadre du programme PIRALAD (Programme interministériel de recherches appliquées à la lutte anti-drogues), de la MILDeCA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives)